Valoriser les surfaces en hauteur en copropriété - Les panneaux solaires : mode d’emploi

par Nathalie Coulaud, Journaliste
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Les panneaux solaires : mode d’emploi

Mais comment se lancer ? Première étape : savoir si le projet est réalisable, ce qui n’est pas toujours le cas. Pour cela, il est nécessaire que l’immeuble dispose d’un espace suffisant sur lequel les panneaux solaires puissent être posés. Sur les toits plats, les panneaux seront inclinés vers le sud, selon un angle de 30 °C à l’aide de châssis. Il est également possible de poser les panneaux en façade, notamment en remplacement des garde-corps, ou utiliser des bâtiments annexes comme des parkings. Pour que l’installation soit rentable, rien ne doit faire de l’ombre aux panneaux qu’il s’agisse d’arbres, d’un bâtiment proche, de cheminées ou encore des conduits de ventilation. Des panneaux solaires individuels pour balcon sont également de plus en plus fréquents et produits par des marques comme Zendure ou Allwei, ce qui constitue une autre manière d’utiliser un espace en hauteur.

Il est possible de savoir quel est le niveau d’ensoleillement de sa toiture en se rendant sur le cadastre solaire mis en place par un grand nombre de collectivités locales. C’est le cas à Paris avec le site www.cadastresolaire.paris.fr, à Lyon : www.cadastresolaire.grandlyon.com, même chose à Lille : cadastre-solaire.lillemétropole.fr ou encore à Bordeaux : marenov.bordeaux-metropole.fr et à Montpellier sur le site www.montpellier3m.fr. Attention cependant, en fonction du type de toiture, la pose de panneaux peut être difficile, notamment sur les toitures en zinc des immeubles XIXe. L’installation de panneaux solaires nécessite également d’obtenir une autorisation administrative puisqu’il s’agit d’une modification de la façade. Lorsque l’immeuble est situé en centre-ville et donc à proximité d’un monument historique, l’accord de l’architecte des bâtiments de France (ABF) est nécessaire.

Une étude de faisabilité détaillée est ensuite indispensable pour déterminer le nombre de panneaux à installer, leur coût et les recettes à attendre. Pour trouver un professionnel sérieux dans ce domaine, le plus simple est de contacter la plateforme publique France Rénov. Le coût de l’installation et les recettes sont liés à la puissance des panneaux. Pour la mesurer, les spécialistes raisonnent en Kilowatt crête (C) et estiment qu’une puissance de 3 kWc, permet de répondre aux besoins d’un logement de 100 m2 chauffé uniquement à l’électricité. Pour cela, il faut compter entre 12 et 15 m2 de panneaux en fonction de l’endroit où vous vous situez, les panneaux étant plus rentables au sud de la Loire. Pour obtenir le même rendement, il faudra 20 % environ de surface en plus à Paris par rapport à Toulouse. Le site photovoltaïque.info et l’association Hespul, qui conseillent les personnes ayant un projet photovoltaïque, estiment que le coût moyen d’installation est d’environ 2 euros par Watt crête. Outre ces frais d’installation, il faut compter le coût de l’étude de faisabilité (compter environ 2 500 euros), prévoir les frais de raccordement de 10 % du coût du projet environ, le suivi par un maître d’œuvre de l’ordre de 5 000 euros ainsi que les assurances ou les honoraires du syndic. «Il faut également intégrer une assistance juridique, pour la signature des contrats avec les différents intervenants notamment lorsque la copropriété conclut un contrat de plus de dix ans», explique Philippe Alluin. En revanche, des aides financières à l’installation sont apportées par les pouvoirs publics et les collectivités locales. La copropriété peut notamment bénéficier de l’éco prêt à taux zéro collectif dans lequel l’État prend en charge les intérêts et éventuellement de Maprimerénov’ copropriété.

Et qu’en est-il des recettes ? Les professionnels estiment qu’elles varient en fonction de ce que la copropriété souhaite faire : elle peut consommer tout ou partie de l’énergie produite ou la revendre entièrement au réseau, mais aussi de la puissance de l’installation et du mode d’intégration à la toiture. En fonction du montage retenu (autoconsommation collective ou vente du surplus), l’électricité produite peut être injectée dans le réseau. Dans ce cas, elle est rachetée dans le cadre du dispositif d’obligation d’achat, généralement via EDF OA, pour une durée de vingt ans.

 

Depuis 2025, les tarifs ont nettement diminué pour les petites installations : l’électricité non consommée est aujourd’hui rachetée autour de 4 à 5,36 centimes d’euro par kWh, selon la puissance de l’installation. Il est possible d’évaluer les recettes et le temps de retour sur investissement en renseignant les caractéristiques de son projet sur le site evaluer-mon-devis.photovoltaique.info. Les professionnels estiment en général que le temps de retour sur investissement se situe entre 10 et 15 ans, selon l’ensoleillement, le coût de l’installation et surtout la part d’électricité consommée sur place. Les aides publiques, notamment la prime à l’autoconsommation, peuvent contribuer à améliorer l’équilibre économique du projet. Le renchérissement du coût de l’énergie, notamment si la guerre au moyen-orient se prolonge peut également contribuer à une rentabilité accrue.

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