Désigné par l'assemblée des copropriétaires, le syndic se considère traditionnellement au service de ces derniers. S'ils ne sont pas résidents, à eux de veiller au bien-être de leurs locataires, ce qu'ils font de manière plutôt distante…
Ainsi, les locataires, qui paient 65 à 70 % des charges de la copropriété n'ont pas voix au chapitre, ni même accès au syndic qui les renvoie vers leur propriétaire. Rendons hommage à la CLCV qui dénonce cette situation depuis des années, sans émouvoir grand monde dans les milieux de l'immobilier. Elle découle en droite ligne de la dualité du principe de propriété dans la loi de 1965, à savoir la pleine propriété des parties privatives, et la propriété collective des parties communes. Aux copropriétaires de s'occuper des parties privatives - et de leurs occupants -, au syndic de s'occuper des parties communes. Pourtant, les choses ne sont pas si simples : les parties communes sont indispensables à la pleine et paisible jouissance des parties privatives : elles procurent le clos et le couvert, fournissent eau et chauffage, sécurisent les personnes et les biens, - et ce n'est pas le moindre des aspects -, pourvoient à l'agrément du cadre de vie des résidents, quels qu'ils soient. La qualité des services délivrés sur les parties communes contribue à leur satisfaction et n'est pas sans répercussion sur la valeur locative et vénale des logements.
Dans ce contexte, l'écoute par le syndic des locataires et son accessibilité est au moins aussi importante que celles de la part des copropriétaires ! Or, dans la pratique quotidienne, il est loin d'en être ainsi… Celle-ci les enferme dans une relation de travail exclusive avec des propriétaires. Les bailleurs privés sont aux abonnés absents et les locataires invisibilisés. Seuls les bailleurs sociaux dans les copropriétés mixtes rappellent les locataires au bon souvenir du syndic, mais en butte à l'hostilité des autres copropriétaires, ils restent généralement sur la défensive. Dans les schémas de fonctionnement actuel des syndics, le locataire qui a froid ou qui manque d'eau chaude, parce que la chaleur et la pression ont du mal à monter jusqu'à lui, se fait répondre au standard de s'adresser à son propriétaire…
Dans le précédent billet, nous nous demandions ce qu'est être syndic aujourd'hui ; voir la copropriété sous cet angle est une autre façon de poser la question !
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