Une opposition se fait jour dans les débats entre l’image d’un syndic mandataire et celle d’un syndic prestataire.
La première renvoie chez certains à l’image traditionnelle du syndic, celle un peu nostalgique où il était respecté et écouté, celle aussi que nous avons décrite ici du syndic bien au chaud dans son bureau et qui déléguait grands et petits travaux à l’«architecte de l’immeuble» et à ses entrepreneurs amis… Ce mode de connivence générale entre syndics, architectes et entrepreneurs a naturellement été balayé.
Mais le syndic mandataire reste souhaité pour son côté valorisant pour les professionnels et responsabilisant pour les copropriétaires. Cette représentation évoque un métier resté proche d’une profession libérale, et il n’est pas étonnant de voir resurgir un débat, déjà ancien, en faveur d’un ordre professionnel.
Une frange importante de la profession a cependant déjà glissé vers le mode syndic prestataire, exécutant d’une gestion largement laissée à l’initiative des copropriétaires via les conseils syndicaux. C’est assez largement le cas des grands groupes qui se ruent sur la nouvelle délégation de pouvoirs au conseil syndical, et qui voient de plus en plus la gestion de copropriétés comme plateforme de distribution à une large échelle de services : courtages, notifications électroniques, diagnostics, maintenance multiservices, astreinte 24/24, maitrise d’œuvre, etc. Avec des objectifs de vente fixés aux gestionnaires sur le terrain ! C’est aussi le cas des «néo-syndics» et des «syndics à distance» qui s’appuient localement sur les copropriétaires.
La loi de 1965 ne choisit pas clairement entre ces deux visions : certes, le syndic est censé être un mandataire de confiance, mais le contrat de syndic s’aligne sur le droit des contrats, et le syndic ne peut même pas présider les assemblées ! Il peut en revanche désormais proposer des prestations aux copropriétaires au-delà de sa mission première. Alors qu’elle fait face à une crise sévère de recrutement, et où les jeunes sont plus que jamais en quête de sens dans le travail, la profession va devoir trancher entre deux visions contradictoires du métier, ou se diviser en deux branches annonçant clairement la couleur.
Avant en tous cas que le législateur ne le fasse à sa place…
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