Copropriété : Hall d'immeuble, lieu fonctionnel et social - Dimension sociale

par Nathalie Levray, Journaliste
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Dimension sociale

Marqueur du statut de l’immeuble, le hall est un lieu de passage où les résidents se croisent, se saluent, ou, mieux encore, interagissent. Il peut aussi, à l’image de ce qui est montré dans la série de TF1 Nos chers voisins, être un lieu de vie collective et de rencontres, doté d’une dimension sociale plus ou moins forte.

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N’est-ce pas là que le petit mot des uns prévient les autres d’une fête d’anniversaire qui troublera l’escalier pendant quelques heures ou de travaux un peu bruyants qui seront effectués durant un temps donné ? Où Untel propose des cours de musique, de sortir un chien et Unetelle organise une porte-ouverte pour vendre ou donner avant déménagement ? N’y a-t-on pas vu s’afficher, pendant la période de confinement, des messages de gentillesse, de soutien et de solidarité, des propositions ou des demandes d’aides ? Certains halls d’entrée se parent de sapins et de décorations de Noël en fin d’année. D’autres donnent à voir des dessins d’enfants et s’agrémentent de plantes vertes au quotidien. La plupart du temps, cette destination du hall d’immeuble ne donne lieu ni à une clause spécifique du règlement de copropriété, ni à une décision en assemblée générale. Cela se fait naturellement, et reste - sauf à le contrer par un vote… - à la merci d’un grincheux qui pourrait exiger la disparition d’une décoration ou du végétal ornant le hall.

Cette visée sociale et conviviale, empirique, du hall d’immeuble comme vecteur de liens, de rencontres et de discussions, pourrait être renforcée par sa réappropriation par ceux qui vivent là. Le blog Demain, la ville  envisage le hall d’immeuble, au-delà de ses fonctions premières et de ses services collectifs de l’habitat, comme un «espace à (re)conquérir». Et de citer, un nouvel investissement par le collectif d’habitants, rendant possible l’apaisement des halls d’immeuble devenus, à certains endroits, des lieux problématiques, objets d’occupation sauvage voire de trafics ; ou encore des innovations en termes d’usages et de fonctions leur offrant une requalification et une dynamique citoyenne en réponse aux nouveaux besoins des urbains. «À l’image du rez-de-chaussée actif, le hall d’immeuble peut en effet lui aussi être vecteur de vitalité en ville», peut-on lire sur ce blog qui illustre son propos par le «Hall contributif» mis à l’honneur en 2017 par l’accélérateur de projets architecturaux et urbains innovants Faire Paris. Ses architectes reconsidèrent la place et la programmation des halls dans les immeubles traditionnels au regard de nouveaux services à inventer et à mutualiser. Ces parties communes pourraient ainsi adopter une identité visuelle qui attire l’œil, une signalétique ludique qui informe sur les services proposés au sein de la copropriété ou devenir un espace d’expression interactif et accessible à tous, le support d’usages artistiques et culturels, ou accompagner «l’émergence de gestes écoresponsables et intégrer des usages en faveur d’une approche écologique et environnementale».

Autant de nouveaux usages à réfléchir pour «ré-humaniser» les copropriétés, sachant qu’à terme, l’assemblée générale devra en décider à la majorité prévue à l’article 25 (article 30, loi 1965).

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