L’usage de la voiture électrique se développe mais la plupart des immeubles en copropriété ne sont pas encore équipés.
L'augmentation du coût du carburant, le souhait de limiter le dérèglement climatique généré par les gaz à effet de serre conduit un plus grand nombre de personnes à acheter un véhicule électrique. La Plateforme automobile (PFA), qui regroupe tous les constructeurs, indiquait en mai dernier que les ventes de voitures électriques avaient augmenté de 48 % au cours des quatre premiers mois de l’année 2026 avec plus de 148 000 véhicules vendus. Même si pour l’instant les voitures électriques ne représentent qu’environ 3 % du parc, elles vont vraisemblablement augmenter de façon importante ces prochaines années. Le besoin de pouvoir recharger les véhicules y compris à domicile dans le parking de sa copropriété va devenir crucial. Mais rares sont encore les immeubles dans lesquels c’est possible. Advenir, le programme de financement des bornes de recharge piloté par l’Avere-France (l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique), indique que 85 % des immeubles ne sont pas équipés ni en cours d’équipement d’une infrastructure de recharge.
L’Avere-France préfère, pour sa part, voir le verre à moitié plein : «Le développement de la recharge s’accélère à la fois sur l’espace public et à domicile, créant un parcours de recharge toujours plus complet pour accompagner la transition vers l’électrique», se réjouit Clément Molizon, Délégué général de l’Avere-France lors de la diffusion de son baromètre le 2 septembre 2026. Ce baromètre indique qu’au deuxième trimestre 2026 près de 44 000 copropriétés ont validé un projet d’infrastructure collective (+ 17 % sur un an), plus de 18 000 immeubles en sont désormais équipés (+ 45 %) et 44 000 points de recharge individuels ont été installés (+ 38 %). Mais la tâche à accomplir est immense puisqu’Enedis estime à 278 000 le nombre d’immeubles résidentiels disposant d’un parking de plus de cinq places, ce qui représente environ 9,3 millions de places de stationnement.
Une obligation d’inscription en assemblée générale
En principe, lorsque l’immeuble comprend des emplacements de stationnement d’accès sécurisé à usage privatif et n’est pas équipé des installations électriques intérieures et extérieures permettant l’alimentation permettant la recharge des véhicules électriques et hybrides rechargeables, le syndic doit inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale des copropriétaires la question de la réalisation d’une étude portant sur «l’adéquation des installations électriques existantes aux équipements de recharge et sur les travaux à réaliser à cet effet» selon l’article L. 24-5 de la loi du 10 juillet 1965. En pratique, cette obligation n’est pas toujours prise en compte. «Bien souvent, lorsque la résolution est inscrite à l’ordre du jour, elle ne passe pas car la copropriété ne veut pas engager de frais», regrette Ludovic Coutant, directeur du programme Advenir.
Comment aller plus vite ? «Il faut continuer à faire de la pédagogie auprès des syndics de copropriété et des copropriétaires», conseille Ludovic Coutant. Advenir rappelle que les aides sont très importantes pour les immeubles : en 2026, l’aide est de 50 % du coût HT, avec un plafond de 12 500 euros jusqu’à 100 places, puis 125 euros par place supplémentaire au-delà de 100 places. Pour certains travaux extérieurs, l’aide peut atteindre 8 000 euros jusqu’à 100 places, puis 80 euros par place supplémentaire. Pour une borne individuelle en copropriété, Advenir prévoit actuellement une aide de 50 %, avec un plafond de 1 000 euros HT par point de recharge selon son barème 2026. Rappelons qu’un propriétaire doit prévoir environ 2 000 euros pour équiper une place individuelle. Il aura donc un reste à charge mais il voit sa place valorisée aussi bien à la location qu’à la vente.
Deux options possibles pour équiper un immeuble
Pour équiper une copropriété deux solutions sont possibles : l’immeuble peut installer un équipement collectif permettant ensuite de raccorder plusieurs bornes. C’est souvent la solution la plus intéressante lorsque le parc de stationnement comprend plus de cinq places et les travaux consistent essentiellement à refaire des armoires électriques adaptées.
L’autre possibilité est une installation individuelle réalisée par chaque propriétaire ou un locataire. L’inconvénient de l’installation individuelle est qu’elle implique une multiplication des travaux dans les parties communes et potentiellement des problèmes pour gérer la puissance lorsque plusieurs voitures sont connectées. Rappelons qu’il n’est pas possible pour l’immeuble de s’opposer à une installation à condition que les travaux soient réalisés dans les règles. Il existe, en effet, un droit à la prise (article L 113-16 du Code de la construction et de l’habitation) pour le propriétaire ou le locataire qui souhaite s’équiper. Le copropriétaire (ou le locataire) doit informer le syndic de sa demande par courrier recommandé avec accusé réception en lui adressant un descriptif détaillé des travaux ainsi qu’un plan technique d’intervention et un schéma de raccordement électrique. La réalisation de ces travaux ne nécessite pas d’autorisation de l’assemblée générale mais le syndic devra toutefois inscrire un point d’information à l’ordre du jour de la prochaine assemblée afin de tenir les copropriétaires informés.
Si un immeuble dispose seulement de deux ou trois places de stationnement, il peut se contenter d’installations individuelles. Mais au-delà de cinq places, mieux vaut passer par une installation collective permettant ensuite le raccordement individuel. Dans ce cas, la copropriété vote la réalisation de l’infrastructure et finance les travaux. La copropriété devient propriétaire de tout ou partie de l’installation et doit ensuite en assurer la gestion et la maintenance. Il est également possible de faire financer l’installation par un tiers : l’opérateur finance les travaux, installe l’infrastructure, assure généralement la maintenance et facture des abonnements. On peut notamment citer Zeplug, Waat, Amperus, Izi par EDF, etc. L’adition peut être de zéro pour la copropriété mais elle ne maitrise plus l’installation. Il faut donc bien comparer les différentes solutions.
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