Panneaux solaires en copropriété : doux rêve ou réalité ?

par Nathalie Coulaud, Journaliste
Panneaux solaires en copropriété
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Alimenter l’immeuble en électricité peut sembler séduisant. Des progrès sont réalisés mais le chemin reste long à parcourir avant une augmentation significative du nombre de panneaux.

L’augmentation du carburant ainsi que les canicules à répétition le montrent bien, il est urgent de sortir des énergies fossiles. Dans ce but, quoi de mieux que l’énergie apportée par des panneaux solaires posés en toiture qui permettent aux copropriétaires de réaliser des économies. Certaines copropriétés y songent mais peu d’entre elles passent à l’action. Le ministère du Logement indique qu’au 31 décembre 2025, la France comptait 1,35 million d’installations photovoltaïques raccordées au réseau, pour une puissance totale de 31,3 GW. Le parc continue de croître rapidement avec près de 198 000 nouvelles installations en 2025. Malheureusement, ces données ne comptabilisent pas spécifiquement les copropriétés par rapport aux maisons individuelles. Cela ne permet pas non plus de dénombrer les panneaux solaires thermiques installés sur les immeubles.

Panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques ?

Comme pour les maisons individuelles, les copropriétés peuvent installer des panneaux solaires thermiques qui chauffent l’eau pour les besoins de l’immeuble. Cette eau chauffée est généralement utilisée pour la production d’eau chaude sanitaire. Autre possibilité : installer des panneaux solaires photovoltaïques qui permettent de produire du courant électrique vendu sur le réseau ou utilisé dans l’immeuble. Les deux systèmes peuvent être posés simultanément. «De plus en plus, les copropriétés optent pour des panneaux photovoltaïques en autoconsommation afin d’alimenter en électricité les parties communes mais aussi les chauffe-eaux, ce qui permet de réaliser des économies de charges et de rentabiliser l’installationx, explique Philippe Alluin, ingénieur, architecte et spécialiste de l’énergie solaire en copropriété. Une expérience a ainsi été menée ces dernières années par des copropriétés dans le 13e arrondissement de Paris où plusieurs immeubles se sont regroupés afin de rendre l’opération solaire plus rentable. «Cette expérience d’autoconsommation collective d’électricité a été concluante et peut être répliquée ailleurs. Cela permettrait de valoriser les toits-terrasses qui ne le sont pas pour l’instant», indique Philippe Alluin. L’ingénieur conseille que la copropriété souscrive un crédit sur la totalité de l’opération et finance celui-ci par la réduction de charges en électricité. L’opération peut être rentable en moins de 15 ans.

De nombreuses contraintes

Mais poser des panneaux solaires n’est pas donné à tous les immeubles. Les contraintes sont, en effet, nombreuses : une toiture pouvant accueillir des panneaux, bien orientée et sans ombre de bâtiments plus hauts est nécessaire. Une étude de faisabilité est donc indispensable. Il est possible d’avoir une première idée en regardant le niveau d’ensoleillement de sa toiture.

Un cadastre solaire a été mis en place par un grand nombre de collectivités locales. C’est le cas à Paris avec le site www.cadastresolaire.paris.fr, à Lyon avec www.cadastresolaire.grandlyon.com, même chose à Lille (cadastre-solaire.lillemétropole.fr) ou encore à Bordeaux (marenov.bordeaux-metropole.fr) et à Montpellier sur le site www.montpellier3m.cadastre-solaire.fr. De plus, de nombreux sites internet permettent des simulations comme potentielsolaire.com, EDF solution solaire ou Effy.fr. Le site photovoltaïque.info qui conseille toutes les personnes, et notamment les copropriétaires, sur l’installation de panneaux indique que la démarche doit s’accompagner d’une rénovation globale ou a minima de l’isolation du toit. En effet, il est plus cohérent de traiter en priorité les dépenses énergétiques non maitrisées du bâtiment avant d’envisager un projet de production. Par ailleurs, l’ajout de panneaux solaires photovoltaïques sur un bâtiment existant peut porter atteinte au paysage et au patrimoine. En fonction de la zone, des contraintes liées à l’urbanisme, au patrimoine et à l’environnement, la réglementation sera différente. Lorsque l’immeuble est situé en centre-ville et donc à proximité d’un monument historique, l’accord de l’architecte des bâtiments de France (ABF) est nécessaire. Certaines collectivités ont mis en place des brochures indiquant à quelles conditions l’installation peut être réalisée.

Le diagnostic technique global (DTG), obligatoire pour tous les immeubles construits depuis plus de 10 ans, peut intégrer une étude de faisabilité solaire. Celle-ci peut comporter une analyse de la toiture, une estimation du potentiel photovoltaïque ou solaire thermique, prévoir plusieurs scénarios, une estimation des coûts, etc. Mais il faudra ensuite une étude de faisabilité solaire réalisée par un bureau d’études spécialisé qui peut être piloté par un assistant à maitrise d’ouvrage (AMO) choisi par la copropriété. Pour se rapprocher d’un professionnel qualifié, il est possible de poser la question à France Rénov (www.france-renov.gouv.fr) qui prodigue des conseils et des coordonnées.

Vote en assemblée générale

Une fois les éléments rassemblés, il faut les présenter aux copropriétaires en assemblée générale. La décision d’installer des ouvrages nécessaires à la production d’énergie solaire photovoltaïque et thermique sur les toits, les façades et les garde-corps relève de la majorité simple de l’article 24 de la loi de 1965, à savoir la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. Lorsque les travaux sont réalisés sur d’autres surfaces, l’assemblée générale se prononcera à la majorité de l’article 25. Il faut compter deux à trois ans entre le moment où les études sont lancées et le moment où le projet est voté en assemblée générale.

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