Le Conseil National des administrateurs judiciaires et des mandataires Judiciaires (CNAJMJ) et l’association QualiSR «Syndic Prévention Redressement» ont conclu une convention de partenariat pour le développement du recours aux syndics d’intérêt collectif certifiés.
«Cette convention est une étape cruciale» se félicite Florence Tulier, présidente du CNAJMJ. «Travailler de concert avec les administrateurs judiciaires est nécessaire» ajoute Olivier Safar, président de QualiSR.
L’association porte le projet d’une certification de syndics de redressement de copropriétés en fragilité ou en difficulté.
De son côté, l’administrateur judiciaire, en tant qu’administrateur provisoire, est chargé par le président du tribunal judiciaire de prendre les mesures nécessaires au rétablissement du fonctionnement normal de la copropriété. Le label «Gestion des copropriétés en difficulté», récemment créé, permet de reconnaître la compétence des administrateurs judiciaires dans ce domaine (décret n° 2026-10 du 9 janv. 2026).
Un «mariage» entre les deux professions pour développer le recours aux syndics d’intérêt collectif (SIC) institué par la loi Habitat dégradé du 9 avril 2024 vient spontanément à l’esprit. Voilà qui est chose faite grâce au partenariat conclu le 8 avril 2026, presque deux ans jour pour jour après la promulgation de la loi.
L’accord prévoit de renforcer la connaissance mutuelle des métiers, de favoriser l’identification des syndics certifiés capables d’intervenir aux côtés des administrateurs judiciaires, et de sécuriser les missions menées par ces derniers dans les copropriétés fragilisées. Les signataires prennent l’engagement de favoriser le traitement des copropriétés sous administration provisoire au moyen de binômes «administrateur judiciaire/SIC» lorsque le bon déroulement de la mission d’administration provisoire le requiert. Le CNAJMJ encouragera à solliciter l’assistance d’un syndic d’intérêt collectif certifié QualiSR. Tandis que cette dernière incitera ses membres à se rendre disponibles pour les administrateurs judiciaires. Par ailleurs, seront mises en place des formations communes en vue d’améliorer la connaissance de leur profession respective.
Susciter des vocations
Dans son discours, Olivier Safar explique que «le besoin de syndics prêts à s’investir dans la gestion de copropriété en situation difficile est immense». Il ajoute que gérer ce type de copropriété est «un métier dans le métier» qui exige qualification et disponibilité. «Beaucoup hésitent à se lancer» constate-t-il. Il n’y a actuellement que quatre syndics d’intérêt collectif en France, «ce qui est trop peu» regrette Olivier Safar.
Il reconnait que ces copropriétés sont en moyenne «deux fois plus chères à gérer alors qu’elles sont souvent dans l’incapacité de supporter des honoraires normaux». Toutefois, il alerte : «si les pouvoirs publics veulent que les SIC se développent, il est indispensable que le candidat ait une visibilité et un bon niveau de sécurisation sur les conditions financières de leur engagement».
Réaction de la profession
Plusieurs professionnels de l’immobilier étaient présents pour assister à cette signature. À commencer par Danielle Dubrac, présidente de l’Union des syndicats de l’immobilier (UNIS), pour qui «le syndic d’intérêt collectif n’a pas le succès mérité», mais selon elle «le duo administrateur judiciaire/SIC va fonctionner de façon efficace».
Olivier Princivalle, président de la FNAIM Grand-Paris, ajoute : «il faut arriver à trouver des solutions de redressement et d’accompagnement très en amont. Grâce à cette convention, les professionnels se parlent et construisent ensemble, ce qui permet d’avoir un poids pour se faire entendre». Il précise par ailleurs que «[ses] confrères ont besoin d’être mieux sensibilisé sur la prévention des immeubles en difficulté».
David Perez, référent national copropriété chez Urbanis, opérateur privé au service de l’intérêt public, «fonde beaucoup d’espoir dans cette association» car il rencontre beaucoup de difficulté sur le terrain. Selon lui, c’est «la voie à poursuivre pour obtenir des résultats».
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