L’assemblée générale est pour le gestionnaire le temps fort du métier. On dit que pour être syndic il faut aimer les assemblées !
Ce n’est pourtant pas toujours une partie de plaisir : il s’agit de la rencontre annuelle avec les copropriétaires, notamment avec ceux que le syndic ne voit jamais. S’y retrouvent, des dizaines, et parfois des centaines, de personnes qui sont pour la plupart des habitants de l’immeuble puisque les copropriétaires-bailleurs sont généralement absents. Une bonne préparation avec le conseil syndical peut ne pas suffire ; certains copropriétaires se découvrant soudain remontés. Comme cela a été abordé dans un billet précédent, ils ont une vision différente du syndic, fondée sur leurs interactions personnelles avec lui, à distance de la gestion des dossiers et de sa collaboration avec le conseil syndical. Ils subissent la copropriété et trouvent mille raisons de se plaindre. Le risque pour le gestionnaire est d’être sur la défensive, d’autant que c’est l’expérience client globale qui s’exprime, à l’égard de l’ensemble de son entreprise, dont il n’est qu’un des rouages.
Ce vécu d’affrontement potentiel, et parfois ce sentiment de «fosse aux lions» qu’ont souvent les jeunes gestionnaires, est paradoxal si l’on considère que la loi donne un rôle plutôt modeste au syndic en assemblée générale. Cette dernière est en effet tenue par un copropriétaire ; le syndic étant secrétaire de séance. Certes, il doit rendre compte de sa gestion, mais rares sont les cas où il va devoir défendre le renouvellement de son mandat face à des offres concurrentes. Dans ces cas-là, il n’y a pas d’effet de surprise puisque les offres sont à l’ordre du jour, le gestionnaire sait qu’il va à la bataille… En temps normal, les questions doivent avoir été préparées avec le conseil syndical qui suit la gestion tout au long de l’année, et celui-ci doit normalement faire l’amortisseur, voire défendre la gestion. C’est d’ailleurs le président de ce conseil qui a vocation à présider l’assemblée.
Pourtant les choses sont loin de se passer toujours ainsi : un conseil syndical évanescent qui ne prend pas ses responsabilités, difficulté d’avoir un candidat pour présider l’assemblée… Le représentant du syndic mène alors les débats lui-même, appelle aux votes, et parfois même commet l’erreur de laisser le président-potiche au fond de la salle ! En première ligne, il prend toutes les flèches ! Pas sûr que ce soit la meilleure approche !


