Copropriété : Gardiens d’immeuble et concierges, vers un renouveau ? - Logique de prestations

par Nathalie LEVRAY, journaliste
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©U. J. Alexander/AdobeStock_280027231Logique de prestations

«Le bon gardien dépend de la personne qui exerce ce métier» note Rachid Laaraj. «Il est souvent impliqué dans la vie de l’immeuble comme s’il lui appartenait, et dans ce contexte de fort engagement personnel, le gardien est sans nul doute un plus pour la copropriété, mais ce principe n’est pas garanti». A cet égard, Anaïs Rodriguez constate un changement générationnel : «par le passé, être gardien, c’était une carrière ; les nouveaux gardiens se projettent moins dans l’avenir, ils s’investissent moins dans l’immeuble et collent davantage aux missions de leur contrat de travail». Un comportement qui pourrait ne pas jouer en faveur du maintien du concierge dans la copropriété.

 

 «Les deux ans de Covid ont fait ressortir toute l’utilité du gardien sur place», plaide Florence Viguerie qui défend «une logique de prestations». Les missions historiques sont la garde et la surveillance des bâtiments, le ménage des parties communes et la gestion des poubelles, l’accueil et l’orientation - voire le filtrage - des visiteurs, la réception et la distribution du courrier. 

 

Le concierge est essentiel dans le bon fonctionnement d’une copropriété. «Surtout dans les grosses copropriétés, c’est un intermédiaire indispensable à une bonne gestion», note Florence Viguerie. Le rapport Pelletier rappelle qu’il veille «au respect du règlement d’un immeuble collectif ou d’un ensemble immobilier». 

 

Il assure la coordination des services attendus par les résidents. Ainsi, à l’égard des locataires, il peut être chargé, dans le logement social, d’une partie de la gestion locative en assurant le recouvrement des loyers ou la réalisation des états des lieux. A l’égard des propriétaires, il peut remettre des convocations ou procès-verbaux d’assemblée générale ou tenir le registre retraçant les interventions sur site de prestataires, etc.

 

Au-delà de ces missions traditionnelles, les compétences humaines, administratives et techniques du gardien représentent une valeur ajoutée pour le syndicat des copropriétaires. «C’est un appui pour le gestionnaire», insiste Florence Viguerie pour qui «il demeure nécessaire de dynamiser le métier de gardien d’immeuble». Ainsi, l’école Egérie propose un outil de qualification et de reconnaissance par la validation des acquis de l’expérience. 

 

En complément de ces missions, la présence active du concierge favorise la qualité de vie des habitants et participe du développement social du quartier. A l’heure où le nombre de personnes âgées augmente dans la société, le gardien joue un rôle de garant du lien social et d’alerte en cas d’absence prolongée et visiblement anormale d’un résident.

 

Les copropriétés gagnent, en outre, à recruter un gardien capable d’effectuer de petits travaux et interventions techniques en interne pour pallier la difficulté à trouver des prestataires, leur coût et les délais d’intervention. Ce peut être l’entretien courant des espaces verts, la petite maintenance (changement des ampoules), le bon fonctionnement des équipements (ascenseur, mise en route et extinction du système de chauffage, gestion du stock et programmation des bips). 

Formé aux normes d’hygiène, de sécurité et d’environnement, aux grandes lignes des bilans énergétiques ou des bilans amiantes, un concierge peut superviser et orienter les prestataires intervenant dans l’immeuble pour effectuer une réparation ou un relevé (eau, gaz, électricité, ascenseur, chauffage). Il gère la sécurité collective (sécurité incendie, défibrillateur, secourisme...) et prévient les services de sécurité ou la police en cas de difficultés ou de nuisances. «Les gardiens les plus jeunes sont demandeurs de formation technique pour valoriser leur travail», constate Anaïs Rodriguez.

Etat des tâches pouvant être confiées à un gardien

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