Quand les syndics de copropriété aspirent à plus de reconnaissance

par Alain Papadopoulos, délégué général de l'association QualiSR
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Alain Papadopoulos, auteur des Informations rapides de la copropriété
©DR

Moins de contraintes réglementaires, moins de consumérisme, plus de liberté contractuelle, de meilleurs honoraires, plus de reconnaissance des médias et des pouvoirs publics, plus de courtoisie de la part des copropriétaires, et de meilleurs outils logiciels…

Le «Livre blanc de la Copropriété» de l’Institut Janus, un groupe de professionnels et d’experts de la copropriété, sous-titré «Propositions pour simplifier le droit et moderniser la gouvernance», se lit d’abord comme une longue lettre au Père Noël des syndics professionnels.

Ce n’est pas la première réflexion sur ce métier : il y a eu la recherche du PUCA financée en 2022 et 2024 par l’Institut Paris Région, et en 2025 le rapport sur l’avenir du métier de syndic du Conseil national de l’habitat, réalisé sous la coordination d’Henry Buzy-Cazaux, président de l’IMSI. Le présent Livre blanc décrit une situation apocalyptique : une réglementation illisible et ingérable, un empilement juridique et normatif, une dérive consumériste «exacerbée» des copropriétaires, accompagnée d’un droit excessivement protecteur et infantilisant, un métier indispensable et central injustement mal considéré, un «syndic bashing» médiatique incessant, des concurrences déloyales qui le minent, une confiance en ruine à reconstruire, et un engagement professionnel sincère, en grave déficit de reconnaissance. Mais la question n’est jamais posée de savoir comment on en est arrivé là, ou en tous cas quelle est la responsabilité des syndics eux-mêmes, sans la rejeter sur des copropriétaires ingrats ou les fédérations professionnelles qui ne seraient pas assez communicantes…

Si les honoraires pratiqués sont un tiers en dessous de ce qu’ils devraient être, qu’est-ce qui empêche les syndics de demander des honoraires à hauteur du coût de la prestation qu’ils délivrent ? Le phénomène des grands groupes financiarisés est à peine effleuré ! Les auteurs pensent qu’il suffit de simplifier le droit de la copropriété, libérer le contrat de syndic du carcan du modèle type, et mettre en place un ordre professionnel calqué sur l’ordre des médecins ou des géomètres-experts - naturellement sans les associations de copropriétaires - serait de nature à rétablir la confiance. Imagine-t-on les grands groupes accepter de se plier à un ordre ? Est-ce réaliste de penser imposer aux copropriétaires une charte de bonne conduite pour une communication apaisée ?

Une fois de plus, les vrais maux dont souffre cette profession ne sont pas nommés…

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