Les ascenseurs doivent posséder une téléalarme pour secourir les usagers en cas de panne. L’extinction programmé de certains systèmes de liaison téléphonique nécessite une modernisation du dispositif, sinon les ascenseurs risquent d’être mis à l’arrêt.
Les utilisateurs des ascenseurs le savent bien : lorsqu’on est coincé en cabine, il est rassurant de pouvoir appuyer sur un bouton et d’entrer en contact avec un centre d’appels qui vous envoie du secours. Devenu obligatoire en 2003, ce dispositif appelé téléalarme fonctionne grâce aux réseaux 2G et 3G (comme pour les anciens téléphones portables) ou même le réseau téléphonique commuté (RTC) pour les plus vétustes. Mais, petit à petit les opérateurs arrêtent ces réseaux : le RTC a largement disparu. Les systèmes en 2G sont, pour leur part, déjà en cours d’arrêt alors que la 3G se terminera entre 2028 et 2029. Sans une modernisation du système de transmission des appels, il ne sera pas possible d’utiliser l’ascenseur et celui-ci sera mis à l’arrêt.
Les copropriétés doivent donc désormais adopter un dispositif 4G ou 5G pour que la téléalarme continue de fonctionner. Tous les copropriétaires n’ont pas encore conscience de cette nécessité. Dans la cabine, l’usager ne voit, en effet, qu’une partie de la téléalarme : le bouton rouge ou jaune souvent avec un pictogramme «cloche». Il y a également un haut-parleur et un micro qui permettent de parler avec un centre de téléassistance. Mais la personne en cabine ne sait pas que derrière ce dispositif, se trouve le cerveau de la téléalarme avec un boitier placé en local machinerie ou parfois derrière le panneau de commande. Il contient une carte électronique, une carte Sim pour transférer les appels et une batterie de secours. La batterie doit fonctionner au moins une heure en cas de coupure de courant. L’ascensoriste doit tester l’appel lors des visites de maintenance et le système doit fonctionner 24h/24.
Le prix de la modernisation
La modernisation coûte entre 800 et 1 500 euros par ascenseur selon la configuration, l’accès, la compatibilité et l’intervention nécessaire. Mais ce chiffre peut être plus élevé si des opérations complexes sont à réaliser. «Attention, le remplacement complet n’est pas toujours nécessaire, le remplacement partiel est tout à fait suffisant dans bien des cas pour un ascenseur qui n’est pas vétuste», rappelle-t-on chez KONE, un des leaders parmi les ascensoristes. Dans ce cas, le coût est moins élevé. Le syndic Cotoit est le plus précis en ce qui concerne les chiffres : il faut compter 800 à 1 500 euros pour le kit de téléalarme ainsi que 300 à 600 euros supplémentaires pour le module GSM et environ 500 euros pour l’installation. Ensuite, la télésurveillance comporte des frais qui seront récurrents comme l’abonnement GSM de 15 à 30 euros par mois ainsi que le contrat de télésurveillance de 20 à 40 euros mensuels. Il faut signaler que les abonnements sont également plus chers en 5G qu’en 4G avec une hausse de 400 à 800 euros par an pour un abonnement collectif. Les tarifs varient notamment en fonction du fait s’il s’agit de full IP, c’est-à-dire qu’il ne s’agit plus d’un appel téléphonique classique mais d’une voix convertie en données numériques.
La 5G n’est pas obligatoire
La question qui va se poser aux copropriétaires est celle du passage en 4G ou en 5G. En principe, la 5G n’est pas obligatoire et les spécialistes rappellent que ni l’ascensoriste ni le syndic ne peuvent l’imposer puisque le 4G fonctionne tout aussi bien. Pour autant, les ascensoristes promeuvent la 5G. Ils estiment qu’elle offre une connectivité plus stable et une meilleure couverture réseau. «Les interruptions ou les retards dans les appels d’urgence seront beaucoup moins fréquents», estime ainsi Sydéral, le spécialiste de la téléalarme. La vitesse de transmission de l’alarme et de l’appel est également accrue. Avec la 5G, les téléalarmes peuvent être transmises instantanément. Lorsque l’ascenseur est en plus doté d’un système de télésurveillance qui permet de surveiller son fonctionnement à distance, la 5G peut également être plus efficace avec une rapidité de transmission plus rapide des pannes et défaillances. Attention cependant de ne pas confondre la téléalarme, obligatoire, et la télésurveillance qui surveille le fonctionnement des organes principaux de l’ascenseur mais reste exceptionnelle. Enfin, les spécialistes estiment que la 4G comme la 5G offrent une plus grande flexibilité pour intégrer des systèmes plus avancés, notamment pour des dispositifs de sécurité plus sophistiqués garantissant que les ascenseurs sont toujours à jour avec les innovations technologiques.
Progressivement, les copropriétaires vont donc devoir voter le devis en assemblée. Mais que regarder dans les documents présentés ? Les spécialistes conseillent de vérifier que le passage en 5G n’est pas présenté comme obligatoire. Il faut également regarder les coûts de l’installation mais ne pas oublier de regarder les frais récurrents. Il est important de poser la question de la couverture réseau dans la gaine. En effet, la 4G peut parfois mal passer dans certaines gaines et il faut prévoir une antenne déportée ou passer par un autre opérateur. Il est également important de demander un test de réception et une garantie de fonctionnement préalable. Vérifier que le devis distingue clairement le kit de téléalarme, le module GSM/4G et l’installation est également nécessaire. Il est fréquent que le module GSM soit facturé deux fois (inclus et en option). Enfin, il est possible de se faire conseiller par un bureau d’audit ascenseurs. Indépendant de l’ascensoriste comme du syndic, son rôle est de conseiller et non de vendre du matériel. Il peut analyser la configuration existante, vérifier la conformité réglementaire mais aussi dire si un remplacement est vraiment nécessaire. Il faut que le bureau d’audit ascenseur intervienne avant l’assemblée générale pour conseiller sur le vote. Ils sont nombreux mais on peut s’adresser à A2C, Coseas, le bureau Véritas par exemple. Restera ensuite à réaliser l’installation.


