Les syndics remplacés bientôt par des IA ?

par Alain Papadopoulos, délégué général de l'association QualiSR
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Alain Papadopoulos, auteur des Informations rapides de la copropriété
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Le sujet peut paraître convenu par les temps qui courent, tant il est évoqué pour toutes les professions. L’irruption de l’IA dans le métier de syndic était déjà dans ces colonnes du numéro de novembre. Elle aide à la rédaction des mèls, comptes-rendus de visite et de réunions, la création de visuels. Pour l’instant on s’en amuse, mais ce n’est qu’un début !

L’IA pourra déclencher automatiquement des interventions du chauffagiste ou de l’ascensoriste - quand les équipements de l’immeuble, capables de s’autodiagnostiquer, ne l’auront pas déjà fait eux-mêmes… Elle pourra générer les ordres du jour des assemblées ! Les questions de droit seront tranchées par des IA juridiques. Quant aux comptables, en aura-t-on encore besoin si les factures et les encaissements sont injectés directement dans le logiciel, et que les appels de fonds sont générés par la saisie des résultats des votes ? Ce n’est pas de la science-fiction : tout cela existe (presque) déjà, sans parler de l’«intelligence artificielle générale» qu’on nous promet dans moins de cinq ans, «capable d’effectuer ou d’apprendre pratiquement n’importe quelle tâche cognitive au moins aussi bien que l’humain» (Wikipedia)…

D’aucuns y voient un avenir radieux, dégageant du temps à des gestionnaires moins stressés. L’expérience montre malheureusement que les avancées technologiques appliquées à des activités existantes ne produisent jamais ce type de résultat, mais une augmentation de la production par individu, à coût et prix constants par l’effet de la concurrence qui les tire inexorablement vers le bas. Ainsi, plutôt que des syndics enfin détendus, on verra plutôt des agences avec un(e) comptable pour 400 immeubles, et pour peu qu’on lève le verrou des assemblées le soir ou celui de la présence du syndic en assemblée, déjà battue en brèche par les syndics en ligne, un gestionnaire pour 200 ou 300 immeubles, sans assistant(e) évidemment, devenu(e) inutile, et de surcroît déqualifié, car se reposant entièrement sur ces outils…

Le copropriétaire-consommateur y gagnera dira-t-on. Mais est-ce si sûr ?

L’IA met en œuvre des ressources colossales et ne pourra rester gratuite ou quasi-gratuite comme aujourd’hui. Lorsque l’humanité sera devenue définitivement dépendante, les fournisseurs de ces technologies récupéreront les investissements astronomiques qu’ils réalisent, et seront les seuls gagnants de l’évolution !

Jusqu’à ce que l’impasse écologique de l’IA finisse par la mettre à mal…