Portrait : Olivier Douek, la copropriété chevillée au corps

par Sophie Michelin-Mazeraux, Journaliste juridique
Affichages : 249

Olivier DouekPeu nombreux sont les avocats à jongler exclusivement avec le droit de la copropriété du matin jusqu’au soir. Olivier Douek fait partie de cet aréopage.

Bien que la matière se soit complexifiée à l’excès ces dernières années, il prend toujours autant de plaisir à tenter de concilier, selon une alchimie mouvante, le droit de propriété individuel avec l’intérêt collectif des copropriétaires. 

Voilà près de trente ans qu’il creuse son sillon : conseiller ou défendre une clientèle de professionnels et de particuliers en droit immobilier. S’il traite de baux d’habitation, de gestion locative et de transactions immobilières, le cœur de son activité se concentre autour de la copropriété, un pan du droit injustement dénigré selon Olivier Douek. «Au-delà des audits de règlements de copropriété, de la résolution d’éventuels troubles de voisinage, c’est aussi par exemple la mise en copropriété d’un centre commercial», explique-t-il, yeux rieurs, derrière des lunettes de sage. 

Cet amateur de musique baroque, claveciniste à ses heures, cultive un certain goût de la liberté. Une fois sa maîtrise en droit privé général obtenue à l’université Panthéon-Assas, il s’inscrit au centre de formation notarial de Paris pour devenir un honorable officier ministériel. Mais, modérément galvanisé par les enseignements délivrés, Olivier Douek vire sa cuti pour devenir avocat au barreau de Paris. «Je ne regrette nullement cette échappée car elle m’a permis de bénéficier d’un formidable poste d’observation pour comprendre l’univers des notaires, avec lesquels je suis amené à collaborer régulièrement». 

Le droit de la copropriété, il l’apprivoise en officiant dans différents cabinets d’avocats, et tout particulièrement au sein d’un très grand cabinet parisien où il va travailler douze années aux côtés de Pascaline Déchelette-Tolot, une avocate qui ne boude pas non plus son plaisir à déchiffrer les partitions de la loi de 1965. «Cela a été une expérience structurante qui m’a apportée une rigueur intellectuelle et une méthodologie de travail exigeante dans le traitement des dossiers, de leur ouverture à leur fermeture», commente-t-il. C’est à la même époque que ce membre de la Chambre nationale des experts en copropriété (CNEC) obtient le certificat de spécialisation en droit immobilier, l’amenant à publier dans différentes revues ou encore à animer des formations, notamment en tant que membre du cercle des avocats conseils de la FNAIM du Grand Paris.

Après un détour par un cabinet d’avocats dont le siège est à Poitiers pour développer au sein de l’antenne parisienne, le droit immobilier, Olivier Douek, toujours soucieux de son indépendance, décide de rejoindre en 2012, quatre autres confrères au sein du cabinet CORTEN, une structure spécialisée couvrant tous les stades d’une opération immobilière, y compris la gestion. 

Bien qu’épris de vitesse, car sous sa robe noire se dissimule un cuissard de cycliste, Olivier Douek, regrette les refontes incessantes qui affectent depuis quelques années la loi de 1965 et son décret de 1967. «J’ai dû, un temps, renoncer à acheter le Code de la copropriété, car il devenait obsolète à peine paru !», confesse-t-il. Autre exemple de ce tourbillon législativo-réglementaire, alors qu’en aval les tribunaux sont engorgés : «il y a quinze ans, je pouvais orienter un client dès le premier rendez-vous. Aujourd’hui, c’est devenu impossible, tant la matière est devenue mouvante et poreuse avec des champs connexes, comme le droit de la construction, le droit de l’environnement, le droit de l’urbanisme, etc. », complète-t-il.

Alors si on lui demande ce qu’il souhaite pour les années à venir, il répond, non sans à-propos : «je veux la trêve. Dit autrement, une pause législative laissant place à un bilan des réformes intervenues».