Arrive l’époque de cette pratique très ancienne, et qui concerne spécifiquement les gardiens et employés d’immeubles, que sont les étrennes ! Occasion de témoigner de la reconnaissance à ceux qui facilitent notre quotidien, cette coutume puise ses racines dans la Rome antique, et le mot qui la désigne vient d’ailleurs du latin strena qui signifie présage, ou bon augure, et plus particulièrement un cadeau fait pour apporter un bon présage.
En début d’année, les Romains avaient l’habitude de cueillir des branches de verveine dans un bois sacré dédié à la déesse Strenia, divinité associée au renouveau et à la bonne fortune. Elles étaient offertes aux dieux et aux hommes comme signes de bon augure pour la nouvelle année. La verveine étant une plante aux vertus pharmaceutiques reconnues, offrir de la verveine revenait à souhaiter à l’autre un heureux avenir. Les Celtes avaient une coutume similaire avec le gui, végétal sacré pour les druides, qui servaient d’offrande bien avant la conquête romaine.
Au fil des siècles, on abandonna progressivement ces simples végétaux au profit d’autres douceurs : figues, dattes, miel, comme autant de bonheurs souhaités pour la nouvelle année. Puis on a fini par s’offrir des objets et enfin de la monnaie, présages de satisfactions diverses.
Aujourd’hui cette coutume se poursuit librement, et s’il n’existe aucune obligation de donner des étrennes, il n’existe pas non plus de règles prédéterminant leur montant ou la nature de l’objet offert. Il convient cependant d’éviter certains écueils.
Les étrennes sont considérées comme des présents d’usage par l’administration fiscale tant qu’elles respectent deux critères essentiels :
- elles doivent être liées à un évènement particulier comme Noël ou le jour de l’an.
- leur montant doit rester raisonnable par rapport aux revenus du donateur et à son patrimoine. Au-delà, l’administration fiscale pourrait requalifier les étrennes en donation taxable.
Dès lors que le don ne respecte pas ces critères, il ne s’agit pas de cadeau d’usage mais de donation. Le donataire est dans ce cas tenu de déclarer fiscalement le don, qui sera soumis aux règles de l’abattement et des droits d’enregistrement telles que les prévoit le Code général des impôts.
Par ailleurs, il faut aussi faire très attention aux largesses parfois disproportionnées des personnes âgées, qui pourraient être qualifiées d’abus de faiblesse et entrainer la responsabilité pénale des donataires…
Il faut enfin rappeler que lorsque l’employeur verse directement une prime de fin d’année à son salarié (cas d’un versement de la copropriété directement au gardien), il s’agit alors d’un complément de salaire, qui doit non seulement être assujetti aux cotisations sociales, mais sera également imposable.
Voici quelques petites choses à savoir sur les étrennes, qui pourraient accompagner les vœux des syndics à l’attention des résidents et des gardiens…


