[N°617] - Nécrologie : en mémoire de Michel Thiercelin

par Thierry Poulichot
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Michel Thiercelin nous a quittés le 20 décembre 2015. Né en 1928, il fut diplômé de l’Ecole nationale des impôts. Ensuite, il intégra le ministère des finances, puis fut dirigeant d’une filiale du Crédit coopératif. A ce titre, il a initié la création des chèques-vacances et a participé au mouvement coopératif institutionnalisé en France.
C’est donc tout naturellement qu’en tant que copropriétaire, il souhaitait développer la gestion coopérative. Ainsi, en 1965, c’est grâce à l’intervention de Michel Thiercelin que les articles 14, alinéa 2, et 17, alinéa 4, originels de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 furent adoptés. Ces textes ont rendu possible la gestion de forme coopérative définie par la désignation du syndic par le conseil syndical en son sein. Dans la loi n° 85-1470 du 31 décembre 1985, Michel Thiercelin a obtenu que soit complété l’article 29 de la loi du 10 juillet 1965 afin de permettre la création des unions de services. Avec celles-ci, des syndicats de copropriétaires gérés par des bénévoles peuvent créer ensemble et administrer des services qui facilitent la gestion des immeubles ou leur vie sociale. Lorsque, dans la loi SRU du 31 dé- cembre 2000, le législateur a supprimé les alinéas de l’article 29 concernant les unions de services, c’est encore à Michel Thiercelin que l’on doit la réparation de cette erreur avec l’insertion d’un article 93 dans la loi Engagement national pour le logement n° 2006-872 du 13 juillet 2006. C’est toujours cet article qui encadre les unions de services aujourd’hui.
Michel Thiercelin présidait la Fédération des syndicats coopératifs de copropriétaires (FSCC) qu’il avait fondée en 1970. Le slogan de cette structure est de «rendre la copropriété aux copropriétaires». Cela a toujours été la maxime de Michel Thiercelin. On ne peut que rendre hommage à une telle cohérence dans les buts poursuivis, en ces temps où l’on parle de «transition juridique» et où des demandes diverses, voire contradictoires, sont adressées au législateur.
©Mme Cotte-Thiercelin @UCOOP