[N°623] - Rénovation énergétique : les blocages et les leviers

par G.G
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Comment massifier la rénovation énergétique des immeubles gérés en copropriété ? L’Agence parisienne du climat (APC) a présenté récemment deux études qui identifient les freins et les leviers d’une rénovation des copropriétés. La première étude de nature qualitative, appelée Vilote, donne un éclairage spécifique à la copropriété et fait les constats suivants :

«La motivation d’améliorer le confort thermique et énergétique arrive en second plan, le premier étant l’aspect financier : les gains de confort individuels pour un ensemble collectif ne sont pas évidents (…) ; Les aides financières sont indispensables pour faire voter le projet. Cependant, dans de nombreux cas, le montage financier est complexe et les copropriétaires ont un manque de visibilité sur les aides disponibles ;

L’intérêt des travaux doit être prouvé. Cependant, les bénéfices de certains travaux n’est pas tangible. Un audit énergétique incontestable est donc nécessaire pour évaluer au mieux la pertinence des travaux».

Enfin, «la décision de rénover dépend largement des acteurs impliqués et motivés. Le conseil syndical joue un rôle central». Et un accompagnement régulier de la part de “coachs” s’avère indispensable.

Vers un observatoire de la rénovation énergétique ?

La seconde étude est le fruit d’un travail conjoint entre l’APC et le centre de recherches dédié à la transition énergétique Efficacity. Cette étude est issue de l’analyse de la base de données de 630 audits réalisés par l’APC représentant près de 50 000 logements de l’Ile-de-France.

D’abord, les constats : «compte tenu de son mode d’organisation, la copropriété constitue une cible difficile à mobiliser pour des travaux d’efficacité énergétique. Chaque étape clé du projet (audit, mission de maîtrise d’œuvre, lancement des travaux) est sanctionnée par un vote en assemblée générale. Celui-ci ne peut être favorable que si un long travail préalable de communication et de conviction a été mené auprès de l’ensemble des copropriétaires. Ceux-ci sont le plus souvent hétérogènes (occupant ou bailleur, âge, formation et information, revenus et ressources, etc.)». L’étude mentionne à ce propos le concept d’une “maîtrise d’ouvrage éclatée”.

«La rénovation énergétique est rarement envisagée seule, elle se présente à l’esprit des copropriétaires lorsque d’autres travaux doivent intervenir (toiture, ravalement, chaufferie, etc.)». Si l’économie d’énergie est une forte motivation, le confort et l’embellissement ne sont pas étrangers à la décision de rénover.

Puis l’étude énonce différentes «pistes opérationnelles pour mettre en mouvement la rénovation des copropriétés» : échelonner les travaux dans le temps ; valoriser une vision patrimoniale du bâtiment, accompagner les copropriétaires par un “tiers de confiance”, garantir la performance énergétique. L’étude recommande la création d’un observatoire de la rénovation énergétique pour convaincre les syndicats de copropriétaires d’engager des travaux.

Enfin, les auteurs évoquent une approche séduisante de «mutualisation des projets de rénovation à une échelle plus large que l’immeuble, à savoir l’îlot ou le quartier». Pourtant, que c’est déjà compliqué à l’échelle de la copropriété…

En savoir plus : www.apc-paris.com