[N° 590] - Immobilier : les stations de la côte basque marquent le pas

par Paul TURENNE
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De Hendaye à Bayonne, le marché des stations balnéaires de la côte basque en a bel et bien fini avec les excès de ces dernières années. Les volumes de vente, tout comme les prix ont clairement baissé dans l’ensemble. Même si les biens les mieux situés tirent encore leur épingle du jeu.

 

Bayonne -  Crédit DR

Crise espagnole oblige, la folie immobilière qui s’était saisie de la côte basque a fait long feu. Après les envolées de prix peu raisonnables enregistrées jusqu’en 2008, notamment à Hendaye, le marché immobilier marque clairement le pas. De fait, il paie la forte spéculation de l’époque. Alors qu’au début des années 2000, un T2 coûtait près de 75 000 €, en 2007, le même appartement partait plutôt pour 220 000 € !  Depuis, le volume de transactions a freiné d’environ 40 % en trois ans. Et les acheteurs ne se bousculent plus comme auparavant. A  commencer par les espagnols qui ont déserté la ville frontalière ; alors qu’ils ont représenté jusqu’à deux tiers des acheteurs, dont la majeure partie d’investisseurs.
Les prix se sont donc très clairement rééquilibrés, en particulier au cœur de ville, passant de plus de 5 000 € le mètre carré sur du neuf, à moins de 3 000, voire 2 500 € le mètre carré. Des prix bien plus raisonnables et en adéquation avec le marché hendayais, tarifs s’approchant de ceux que l’on peut retrouver à Bayonne. Du moins dans les quartiers un peu excentrés, le centre restant tout de même une valeur sûre.

Allongement des délais de revente
La capitale du pays basque n’est, elle aussi, pas épargnée par la baisse du prix des logements avec une diminution de l’ordre de 5 à 10 % selon les secteurs. La faute à des acheteurs plus exigeants sur la qualité des biens proposés. Et qui n’hésitent pas à faire des propositions jusqu’à 20 % en dessous des prix escomptés par les vendeurs. Problème, ces derniers qui ont souvent achetés beaucoup trop cher en pleine bulle immobilière n’entendent, la plupart du temps, pas céder pour limiter leurs pertes. Les délais de transaction s’allongent donc, atteignant parfois neuf mois. Pas de quoi dynamiser le marché bayonnais, et basque de manière générale…
Sans surprise, les secteurs proches du centre-ville restent les plus prisés avec des tarifs démarrant à 3 000 € du mètre carré du côté des Arènes ou de Foch. Et qui peuvent atteindre les 4 000 €, pour des appartements situés dans des résidences récentes, avec terrasse et garage. Un peu plus accessible, les quartiers Marracq et Beyris comportent des biens s’échangeant entre 2 500 et plus de 3 000 € le mètre carré. Sous réserve, là-encore, d’être bien entretenus et que des gros travaux de rénovation ne soient pas à prévoir. Plus accessibles, les biens situés dans les quartiers Saint Etienne et Saint Esprit tournent autour de 2400 € le mètre carré. Enfin, les prix les plus doux se trouvent au quartier de la gare ou du Petit Bayonne avec un mètre carré autour de 2 000 €.

Marché à deux vitesses à Biarritz
A Biarritz, le marché immobilier tire quelque peu son épingle du jeu. Du moins dans certains quartiers où la rareté des biens proposés à la vente limite la baisse du prix des logements.  Pour les plus beaux d’entre eux avec vue sur la mer, le prix du mètre carré reste même élevé, du fait de l’offre faible. On compte en effet nombre de résidences secondaires, parfois louées, ce qui ne facilite pas la mise de biens sur le marché. En s’éloignant du centre, dans les quartiers de La Négresse ou de Saint Martin, le prix des appartements rénovés tourne autour des 3000 € par mètre carré. Avec à la clé, de belles opportunités pour peu que l’immobilier reparte. Mais gare aux miroirs aux alouettes, en particulier en matière d’investissement locatif ! Le mirage du Scellier est bel et bien terminé. Une chose est sûre : les paysages de la région présentent un attrait indéniable qui ne devrait pas cesser au cours des années à venir.

 

Paul TURENNE