[N°642] - In memoriam, Pierre Capoulade (2) - Jean-Marc Roux,

par Edilaix
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Ma première rencontre avec Pierre Capoulade remonte à presque trente ans à l’occasion d’une conférence portant sur le droit immobilier. J’ai pu assister à l’une des plus brillantes interventions qu’il m’ait été donné de voir où un magistrat donnait la réplique à un universitaire, tous les deux aussi passionnés l’un que l’autre. Le magistrat était Pierre Capoulade, l’universitaire était le Professeur Claude Giverdon. Par la suite, j’ai pu avec bonheur revoir ce binôme extraordinaire qui m’a fait aimer encore davantage le droit de la copropriété.
Il était celui que l’on présentait comme le «père» de la loi du 10 juillet 1965. Il est vrai que Pierre Capoulade avait grandement contribué à la mise en place des institutions et des mécanismes qui constituent aujourd’hui le statut de la copropriété. Il en connaissait tous les rouages, toutes les subtilités.
Sa parfaite connaissance du régime l’avait conduit à exercer également une influence sur l’application des textes. Tout d’abord en tant que Conseiller à la troisième chambre civile de la Cour de cassation dont nombre de décisions traduisent sa conception de la matière. Ensuite, en sa qualité de Président de la Commission relative à la copropriété au sein de laquelle de nombreux avis et recommandations ont été émis dans le but d’éclaircir, d’interpréter et de faire évoluer les textes comme leur application. Enfin, Pierre Capoulade a contribué à une œuvre doctrinale majeure en collaborant à l’ouvrage La copropriété. Aux côtés du regretté Claude Giverdon, il a ainsi pu guider ceux qui souhaitaient mieux appréhender ce domaine.
Qu’on ne s’y trompe pas ; c’est un géant qui vient de nous quitter, dont l’œuvre et l’impact sont immenses. Mais plus que l’éminent juriste, c’est l’homme que je regretterai le plus. Sa courtoisie, sa gentillesse et sa disponibilité étaient sans faille. Que ce soit en privé ou lors de manifestations telles que les comités de rédaction des Informations rapides ou les réunions de la Chambre Nationale des Experts en Copropriété, il a toujours montré une passion du partage et du débat d’idées, même s’il avait des opinions bien arrêtées sur certains sujets.
C’est un privilège de vous avoir connu Monsieur le Conseiller ; nous sommes nombreux à vous pleurer et pour reprendre les mots très justes de Daniel Tomasin, «nous sommes tous orphelins».
Jean-Marc Roux,
Directeur scientifique des éditions Edilaix

© J. Chion / Clics pour Edilaix